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Français · CM2

La proposition principale et la proposition subordonnée

La proposition principale et la proposition subordonnée

Distinguer et utiliser correctement la proposition principale et la proposition subordonnée dans une phrase complexe.

Tu es au marché de Marcory, un samedi matin. Le soleil chauffe déjà fort. Ta maman, Awa, te demande d’aller chercher du poisson fumé chez Maman Binta. Elle te dit : « Va chez Maman Binta qui vend près de l’étalage des ignames. » Tu entends bien la phrase. Mais tu remarques qu’elle est plus longue que d’habitude. Elle est composée de deux parties. La première partie : « Va chez Maman Binta ». La deuxième partie : « qui vend près de l’étalage des ignames ». Tu comprends tout de suite que la première partie est la plus importante. C’est elle qui donne l’ordre. La deuxième partie, elle, donne une information supplémentaire pour t’aider à trouver la bonne personne. Eh bien, tu viens de faire, sans le savoir, de la grammaire ! Tu viens de repérer une proposition principale et une proposition subordonnée. Pourquoi est-ce important de connaître ces deux types de propositions ? Parce que, dans la vie de tous les jours, tu utilises des phrases complexes sans t’en rendre compte. Quand tu racontes une histoire à ton ami Kofi, quand tu expliques pourquoi tu es en retard à l’école, quand tu décris le gbaka que tu as pris pour aller à Yamoussoukro, tu enchaînes des idées. Mais si tu ne sais pas relier ces idées correctement, ta phrase devient confuse. Par exemple, si tu dis « J’ai mangé l’attiéké était bon », ta phrase est fausse et difficile à comprendre. En revanche, si tu dis « J’ai mangé l’attiéké qui était bon », tu utilises une proposition subordonnée pour préciser de quel attiéké tu parles. Tu vois ? La grammaire t’aide à mieux t’exprimer, à l’oral comme à l’écrit. Aujourd’hui, tu vas apprendre à reconnaître la proposition principale et la proposition subordonnée. Tu vas voir, c’est comme distinguer le conducteur d’un woro-woro et ses passagers. Le conducteur décide du chemin, c’est la proposition principale. Les passagers suivent, ce sont les propositions subordonnées. Prêt à monter à bord ? Allons-y !

I. DÉFINITIONS ET REPÉRAGE DES PROPOSITIONS

1. Qu’est-ce qu’une proposition ?

Une proposition, c’est un groupe de mots qui s’organise autour d’un verbe conjugué. Chaque verbe conjugué dans une phrase correspond à une proposition. Si ta phrase a un seul verbe conjugué, elle a une seule proposition. On appelle cela une phrase simple. Exemple : « Kofi mange du foutou. » Il y a un seul verbe (mange), donc une seule proposition. Si ta phrase a deux verbes conjugués, elle a deux propositions. On appelle cela une phrase complexe. Exemple : « Kofi mange du foutou que sa mère a préparé. » Il y a deux verbes (mange et a préparé), donc deux propositions.

Règle : Le nombre de propositions dans une phrase est égal au nombre de verbes conjugués.

2. La proposition principale

La proposition principale est la proposition la plus importante dans la phrase complexe. Elle peut exister toute seule. Elle n’a besoin de personne pour être comprise. C’est elle qui commande. Elle est généralement placée en premier, mais pas toujours. Pour la trouver, tu dois te poser cette question : « Quelle partie de la phrase peut se suffire à elle-même ? »

Définition : La proposition principale est une proposition qui ne dépend d’aucune autre proposition. Elle peut être employée seule.

Exemple : Dans la phrase « Aminata lit un livre que son père lui a offert », la proposition principale est « Aminata lit un livre ». Tu peux dire cette phrase sans la suite. Elle a un sens complet.

3. La proposition subordonnée

La proposition subordonnée, elle, ne peut pas vivre toute seule. Elle dépend de la proposition principale. Elle est comme un petit enfant qui a besoin de sa maman pour être compris. Elle apporte une information supplémentaire : elle précise le lieu, le temps, la cause, ou elle décrit une personne ou une chose.

Définition : La proposition subordonnée est une proposition qui dépend de la proposition principale. Elle ne peut pas être employée seule.

Exemple : Dans la phrase « Aminata lit un livre que son père lui a offert », la proposition subordonnée est « que son père lui a offert ». Essaie de dire seulement cette partie : « que son père lui a offert ». Cela n’a pas de sens tout seul. Tu vois ? Elle a besoin de la proposition principale pour être comprise.

4. Le mot de liaison : le subordonnant

Souvent, la proposition subordonnée est introduite par un petit mot. Ce mot s’appelle un subordonnant. Les subordonnants les plus courants sont : « que », « qui », « dont », « où », « parce que », « quand », « si », « comme ». Ces mots sont les ponts qui relient la subordonnée à la principale.

Règle : Si tu vois un de ces mots après un verbe conjugué, il y a de fortes chances que tu aies une proposition subordonnée.

II. MÉTHODE POUR DISTINGUER LES DEUX PROPOSITIONS

1. Étape 1 : Repérer tous les verbes conjugués

Lis ta phrase. Entoure ou souligne tous les verbes qui sont conjugués. N’oublie pas les verbes comme « est », « a », « sont », « ont ». Chaque verbe conjugué te donne une proposition.

2. Étape 2 : Isoler chaque proposition

Pour chaque verbe conjugué, prends le groupe de mots qui l’entoure. Attention : un même groupe peut contenir plusieurs mots. Sépare bien chaque proposition.

3. Étape 3 : Tester l’autonomie de chaque proposition

Prends chaque proposition une par une. Demande-toi : « Est-ce que je peux dire cette phrase toute seule sans qu’elle paraisse bizarre ou incomplète ? » Si oui, c’est la proposition principale. Si non, c’est une proposition subordonnée.

4. Étape 4 : Vérifier la présence d’un subordonnant

Regarde le début de la proposition qui n’est pas autonome. Est-elle introduite par un mot comme « que », « qui », « parce que » ? Si oui, tu as confirmé qu’il s’agit d’une proposition subordonnée.

Méthode résumée : 1. Compte les verbes conjugués. 2. Sépare les propositions. 3. Teste l’autonomie. 4. Cherche le subordonnant.

III. EXEMPLES D’APPLICATION DANS LA VIE IVOIRIENNE

1. Exemple au marché

Phrase : « Soro achète du manioc que sa tante a cultivé à Bouaké. » Verbes conjugués : « achète » et « a cultivé ». Proposition 1 : « Soro achète du manioc. » → Peut-elle être seule ? Oui. C’est la principale. Proposition 2 : « que sa tante a cultivé à Bouaké. » → Peut-elle être seule ? Non. C’est la subordonnée. Elle est introduite par « que ».

2. Exemple à l’école

Phrase : « Awa est contente parce qu’elle a eu 18/20 en dictée. » Verbes conjugués : « est » et « a eu ». Proposition 1 : « Awa est contente. » → Autonome ? Oui. Principale. Proposition 2 : « parce qu’elle a eu 18/20 en dictée. » → Autonome ? Non. Subordonnée. Introduite par « parce que ».

3. Exemple en voyage

Phrase : « Le gbaka qui va à Yamoussoukro part dans dix minutes. » Verbes conjugués : « va » et « part ». Proposition 1 : « Le gbaka part dans dix minutes. » → Autonome ? Oui. Principale. Proposition 2 : « qui va à Yamoussoukro. » → Autonome ? Non. Subordonnée. Introduite par « qui ».

IV. ERREURS FRÉQUENTES À ÉVITER

1. Confondre le sujet et la proposition subordonnée

Parfois, tu peux croire que « qui » est le sujet du verbe principal. Exemple : « Le garçon qui court est mon ami. » Ici, « qui court » est bien une subordonnée. Le sujet du verbe principal « est » est « Le garçon ». Ne te laisse pas tromper.

2. Oublier que la principale peut être au début ou à la fin

La proposition principale n’est pas toujours en premier. Exemple : « Quand tu auras fini tes devoirs, tu pourras jouer. » Ici, la principale est « tu pourras jouer » (à la fin) et la subordonnée est « Quand tu auras fini tes devoirs » (au début).

3. Croire que tous les « que » introduisent une subordonnée

Parfois, « que » fait partie d’une expression comme « parce que » ou « afin que ». Mais il peut aussi être un pronom relatif. Dans tous les cas, s’il est suivi d’un verbe conjugué, il introduit une subordonnée.

À retenir

  • Une proposition est un groupe de mots organisé autour d’un verbe conjugué.
  • La proposition principale peut être employée seule ; elle ne dépend de personne.
  • La proposition subordonnée dépend de la principale ; elle ne peut pas être employée seule.
  • La proposition subordonnée est souvent introduite par un subordonnant : que, qui, dont, où, parce que, quand, si, comme.
  • Pour distinguer les deux, repère d’abord tous les verbes conjugués, puis teste l’autonomie de chaque proposition.
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Teste tes connaissances

3 exercices, du plus facile au plus difficile.

Facile

Qu'est-ce qu'une proposition dans une phrase ?

Moyen

Dans « Maman a préparé de l'attiéké que j'ai mangé », quelle est la proposition principale ?

Difficile

Dans « Le car qui part à six heures est arrivé en retard parce que la route était mauvaise », combien y a-t-il de propositions au total ?

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