← Tous les cours

Éducation Esthétique et Artistique (EEA) · CM2

Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest

Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest

Identifier et décrire les principaux instruments et styles musicaux traditionnels de l'Afrique de l'Ouest, en les reliant à la vie quotidienne et aux fêtes en Côte d'Ivoire.

Tu es assis sous un grand manguier dans la cour de ta maison, à Yopougon. Soudain, tu entends un son qui vibre dans l’air chaud de l’après-midi. C’est le balafon de ton grand-père, Papa Koffi. Il s’assoit sur son tabouret en bois, ferme les yeux, et ses mains courent sur les lames de l’instrument. Les notes dansent, joyeuses et rapides. Ta petite sœur, Awa, arrête de jouer à la poupée pour écouter. Ta maman, qui pile le manioc pour faire de l’attiéké, se met à chantonner doucement. Même le vieux chien couché sous la véranda remue la queue. Ce balafon, tu l’as vu cent fois. Mais aujourd’hui, tu te demandes : d’où vient cette musique ? Pourquoi Papa Koffi joue-t-il toujours ce même air le dimanche matin ? Et pourquoi tout le monde se met à danser quand le djembé résonne au mariage de ta cousine Aminata ? Cette leçon va te faire voyager à travers les sons de notre région. Tu vas découvrir que la musique n’est pas seulement pour s’amuser. Elle raconte des histoires. Elle unit les gens. Elle fait partie de notre patrimoine, comme le cacao est le trésor de nos forêts. En Côte d’Ivoire, chaque ethnie, chaque village a ses propres chants et ses propres instruments. Le tambour parle, la kora chante, et le balafon raconte les exploits des anciens. Imagine que tu es invité à une fête à Bouaké. On te tend un tambour. Sais-tu quel rythme jouer pour saluer les chefs ? Ou pour annoncer la fin de la récolte ? Après cette leçon, tu ne verras plus jamais un musicien de rue au marché de Marcory de la même manière. Tu reconnaîtras les instruments, tu comprendras leur rôle, et tu pourras même expliquer à tes camarades pourquoi notre musique africaine est si riche. Alors, tends l’oreille. Le voyage commence maintenant.

I. QU’EST-CE QUE LE PATRIMOINE MUSICAL DE L’AFRIQUE DE L’OUEST ?

1. Définition du patrimoine musical

Le patrimoine musical, c’est l’ensemble des chants, des danses, des instruments et des rythmes que nos ancêtres nous ont laissés. Il se transmet de génération en génération, comme une recette de sauce graine ou un conte au coin du feu. En Afrique de l’Ouest, ce patrimoine est très riche. Chaque peuple a sa propre façon de faire de la musique. Par exemple, les Baoulés utilisent le tambour gôli pour les cérémonies, tandis que les Malinkés jouent de la kora pour chanter les louanges des grands guerriers.

Définition : Le patrimoine musical est l’héritage sonore d’un peuple. Il comprend les instruments, les chants, les danses et les rythmes traditionnels.

2. Pourquoi la musique est-elle importante dans nos vies ?

En Côte d’Ivoire, la musique n’est pas un simple divertissement. Elle accompagne tous les moments importants de la vie. Quand un bébé naît, on chante pour le bénir. Quand un jeune se marie, les tambours résonnent toute la nuit. Quand on travaille dans les champs de cacao, on chante pour donner du courage. Quand un chef meurt, les griots chantent sa mémoire. La musique est aussi un moyen de communication. Autrefois, les tambours parleurs transmettaient des messages d’un village à l’autre. Aujourd’hui encore, dans certaines régions, on reconnaît un rythme de tam-tam qui signifie « le chef arrive » ou « la fête commence ».

3. Les familles d’instruments traditionnels

On classe les instruments en trois grandes familles, comme on classe les aliments au marché : les légumes, les épices et les viandes.

  • Les membranophones (instruments à peau) : Ce sont les tambours. Le plus connu est le djembé, en forme de gobelet. On le frappe avec les mains. Il y a aussi le tam-tam et le tambour d’eau. La peau est souvent en chèvre ou en vache.
  • Les idiophones (instruments qui sonnent par eux-mêmes) : Ce sont le balafon (lames de bois posées sur des calebasses), le xylophone, les hochets (calebasses remplies de graines), les cloches et les gongs. Tu en as déjà vu au marché : les vendeurs d’attiéké utilisent parfois une clochette pour attirer les clients.
  • Les cordophones (instruments à cordes) : La kora (sorte de harpe-luth à 21 cordes), le ngoni (ancêtre du banjo) et la guitare traditionnelle. Ces instruments sont souvent joués par les griots, qui sont les conteurs et les historiens de nos villages.

II. COMMENT RECONNAÎTRE LES PRINCIPAUX INSTRUMENTS DE NOTRE RÉGION ?

1. Le djembé : le roi des tambours

Le djembé est l’instrument le plus populaire en Afrique de l’Ouest. Il vient du Mali et de la Guinée, mais on le trouve partout en Côte d’Ivoire. Sa forme ressemble à un grand verre. On le frappe avec les paumes et les doigts. Il produit trois sons principaux : le ton (son clair au bord), le slap (son sec et aigu) et la basse (son grave au centre). Quand tu entends un groupe de danseurs à Abidjan, c’est souvent le djembé qui donne le rythme.

Règle : Pour reconnaître un djembé, regarde sa forme : un fût en bois, une peau tendue sur le dessus, et des cordes qui serrent la peau. Le son est chaud et puissant.

2. Le balafon : la voix du bois

Le balafon est fait de lames de bois dur (comme le bénin ou le sambila) posées sur un cadre. Sous chaque lame, une calebasse séchée amplifie le son. Le joueur frappe les lames avec deux maillets en caoutchouc. Chaque lame donne une note différente. Le balafon est souvent utilisé pour les cérémonies de récolte ou les fêtes de village. Si tu vas à Korhogo, tu verras peut-être un joueur de balafon accompagner les danseurs de masques.

3. La kora : la harpe des griots

La kora est un grand instrument à 21 cordes. Elle ressemble à une moitié de calebasse recouverte de peau, avec un long manche. Les cordes sont en nylon ou en boyau de chèvre. Le griot pince les cordes avec ses pouces et ses index. La kora produit un son doux et mélodieux, comme une harpe. Elle sert à raconter des histoires et à chanter les louanges des familles nobles. Tu peux en entendre dans les restaurants de Yamoussoukro ou lors des mariages traditionnels.

III. COMMENT LA MUSIQUE S’INTÈGRE-T-ELLE DANS LA VIE QUOTIDIENNE EN CÔTE D’IVOIRE ?

1. Les chants de travail

Quand tu vois des femmes piler le manioc au bord de la route, elles chantent souvent en rythme. Le chant les aide à synchroniser leurs gestes et à oublier la fatigue. Par exemple, les femmes du village de Grand-Bassam chantent « Aya, aya, pilons le manioc » en frappant le pilon en cadence. Ces chants sont transmis de mère en fille.

2. Les fêtes et cérémonies

Dans une fête de mariage à Bouaké, tu entendras d’abord le tam-tam qui appelle les invités. Puis le balafon joue un air joyeux. Les femmes dansent en cercle, les bras levés. Les hommes frappent dans leurs mains. La musique crée une ambiance de joie et d’unité. Sans elle, la fête serait triste.

3. Les contes et les veillées

Le soir, à la veillée, le griot ou la grand-mère raconte des histoires. Il utilise parfois un petit hochet ou un archet musical (une tige de bois frottée avec un autre bâton) pour créer des bruits qui imitent les animaux. Par exemple, le son du hochet peut représenter le bruit d’une pluie qui tombe. Tu as sûrement déjà écouté les contes de la tortue et du lièvre, accompagnés de ces petits instruments.

4. Les messages des tambours parleurs

Dans certaines régions, comme chez les Akan, on utilise des tambours spéciaux pour parler. Le tambour parleur imite les tons de la langue. En frappant sur la peau, on peut dire « le chef est arrivé » ou « venez au marché ». C’est un peu comme un téléphone traditionnel. Aujourd’hui, on utilise encore ces tambours lors des cérémonies de chefs.

IV. COMMENT PRÉSERVER NOTRE PATRIMOINE MUSICAL ?

1. Apprendre auprès des anciens

La meilleure façon de préserver la musique, c’est de l’apprendre. Demande à ton grand-père ou à ta grand-mère de te montrer un rythme. Écoute les griots dans ton village. Ils sont les gardiens de notre histoire. Si tu ne poses pas de questions, la musique risque de disparaître.

2. Participer aux fêtes et aux ateliers

Dans les écoles de Côte d’Ivoire, on organise parfois des journées culturelles. Tu peux y apprendre à jouer du djembé ou à danser le mapouka traditionnel. Certaines associations, comme celles du quartier de Cocody, proposent des ateliers de balafon. N’hésite pas à y participer.

3. Enregistrer et partager

Aujourd’hui, avec un simple téléphone portable, tu peux enregistrer un chant de ta grand-mère. Tu peux le montrer à tes amis. Tu peux même le poster sur Internet pour que le monde entier découvre notre musique. C’est une façon moderne de protéger notre patrimoine.

Règle : Le patrimoine musical est vivant. Il ne doit pas rester enfermé dans un musée. Il doit être joué, chanté, dansé et transmis. C’est toi, aujourd’hui, qui peux le faire vivre.

À retenir

  • Le patrimoine musical est l’ensemble des chants, danses et instruments transmis par nos ancêtres.
  • Il existe trois familles d’instruments : membranophones (tambours), idiophones (balafon, hochet), cordophones (kora).
  • Le djembé est un membranophone en forme de gobelet, frappé avec les mains.
  • Le balafon est un idiophone fait de lames de bois sur des calebasses.
  • La kora est un cordophone à 21 cordes, joué par les griots pour raconter l’histoire.
  • La musique accompagne la vie quotidienne : travail, fêtes, contes, messages.
  • Pour préserver ce patrimoine, il faut apprendre auprès des anciens et participer aux fêtes.
Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest — illustration Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest — illustration Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest — illustration Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest — illustration

Teste tes connaissances

3 exercices, du plus facile au plus difficile.

Facile

Quel objectif correspond le mieux à la leçon « Le patrimoine musical de l'Afrique de l'Ouest » ?

Moyen

À quelle famille d’instruments appartient le djembé ?

Difficile

Quel est le rôle du balafon dans la vie quotidienne ?

Envie d'aller plus loin ?

Inscris-toi gratuitement pour accéder à toutes les leçons et suivre ta progression.

S'inscrire gratuitement